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Janvier.
C'est l'hiver, les fêtes sont passées, les journées
sont courtes, la fatigue et la lassitude ne sont jamais loin. C'est
ce moment que nous avons choisi, Isa, son binôme-sous-l'eau-et-dans-la-vie
Rémi, et moi-même, pour partir plonger.
On
avait d'abord parlé de l'Egypte, ou des Caraïbes, et
puis, lentement, l'idée a fait son chemin: un petit effort
financier en plus, et les Maldives sont à portée de
main.
Les
Maldives. Chaque plongeur en rêve. Moi aussi, cela faisait
un moment que j'y pensais. Je devais même y faire mon baptême,
en janvier 2005, mais une grosse vague avait quelque peu contrarié
mes projets, balayant mon rêve avec une bonne partie des côtes
de l'Asie du sud-est et emportant quelques centaines de milliers
de vies. Presque un an jour pour jour après ce départ
raté, nous voilà à l'embarquement d'un vol
de la Srilankan à destination de Colombo, Sri Lanka, où
après 5 heures d'escale à des heures indues, nous
attend un vol d'Emirates pour Male.
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Rémi
et Isa dormant sur les genoux de ce dernier, dans la salle de Transit
de l'aéroport de Colombo
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Male, ou plutôt son aéroport, un bout de piste et quelques
bâtiments posés sur la mer. On sort de la douane, qui
n'a pas jugé utile de nous fouiller pour nous confisquer,
comme elle le fait quotidiennement à des dizaines de touristes,
statuettes de Bouddah, crucifix, préservatifs, alcool, ou
tout autre élément jugé contraire à
l'Islam (éléments qui leur seront par ailleurs scrupuleusement
restitués à leur départ). Dès la sortie
de l'aéroport, on prend... un bateau, qui nous emmène
à Male, qui se trouve sur l'île voisine.
Autour
de Male, c'est le périphérique... maritime. Des bateaux
passent dans tous les sens, se croisent, s'entre-croisent, des bateaux
de pêche, des yachts, des petits bateaux à moteurs,
de gros cargos, des chalutiers modernes, des dhoni traditionnels
maldiviens, tout ceci dans un joyeux vacarme de moteurs en tous
genres. Pas vraiment l'image que l'on se fait des Maldives...
Après
une douche et un repas chaud dans l'hôtel qui sert de lieu
de transit aux départs et aux arrivées de plongeurs,
on reprend le bateau, qui nous emmène à notre bateau
de croisière, le Koïmala.
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L'aéroport
de Male

Male
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Le Koïmala, côté babord
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Le
Koïmala, côté tribord
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Notre
bateau est tout sauf une usine: nous sommes 11 personnes, il y a
12 places. Comparé à ma première
croisière en Egypte, le confort est nettement plus rudimentaire.
A l'arrière, une table et des bancs, où l'on prend
les repas, composés de poisson frais et de riz, déclinés
sous toutes les formes et à toutes les sauces, ainsi que
de papaye et quelques autres fruits en dessert. Autant vous dire
que le dernier jour, à notre arrivée à Male,
je me suis précipité dans un restaurant pour commander
un T-bone steak avec des frites !
Sur
le pont avant de notre bateau, des transats et une table basse,
pour prendre thé, café, et rafraichissements. Sous
nos pieds, les cabines, auquelles on accède soit par le salon-cuisine-poste-de-pilotage,
soit par l'avant du bateau.
Le grand confort, aux Maldives, est incontestablement le dhoni
de plongée, petit bateau qui nous emmène sur les
sites, sur lequel nous laissons tout le matériel de plongée,
et surtout sur lequel est situé le compresseur (une fois
de plus, pour les non-initiés: il s'agit de la machine infernale
qui fait un bruit de tracteur soviétique mal huilé
et qui sert à gonfler nos bouteilles). Avant de le mettre
en marche, le dhoni s'éloigne, gonfle nos bouteilles,
et revient s'amarrer à notre bateau quand il a fini ! C'est
du luxe auditif.
De vraies vacances.
Si
seulement les membres d'équipage pouvaient arrêter
de reçevoir des SMS toutes les 5 minutes, ce serait l'idéal...
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Notre
guide, Renaud, nous donne l'occasion de nous pencher sur le profil-type
des moniteurs exerçant le métier de guide dans le
cadre des croisières de plongée. Mince, bronzé,
barbe de trois jours, légèrement dégarni, lunettes
de soleil aux verres fumés vissées aux oreilles, le
guide est un personnage à part. Comme un poisson dans l'eau
dès qu'il est sur son bateau, il ne le quitte généralement
que pour plonger, et c'est à regret et non sans un certain
malaise qu'il l'abandonne de temps en temps pour aller chercher
ses clients à l'aéroport. La ville, la circulation,
le bruit, les vêtements, les chaussures, la mousse à
raser, tout ça, c'est très loin de son univers à
lui, et il s'empresse de retourner sur son bateau pour sentir à
nouveau le pont sous ses pieds nus, le vent dans ses cheveux, et
pouvoir à nouveau blaguer avec l'équipage, avec lequel
il parle un mix d'anglais et de la langue locale que lui seul et
l'équipage en question semblent comprendre.
Les
plongées se succèdent, avec leur lot de surprises.
Tout d'abord, je m'attendais à des eaux un peu plus claires
que ça... eh bien non: à plusieurs reprises, si ce
n'est pas de la purée de poids, ça y ressemble fortement.
Ensuite, il y a le courant. Bien sûr, on m'en avait parlé.
Seulement, voilà: une fois qu'on a fait l'expérience
du courant au Maldives, on comprend que ce que l'on avait pris pour
du courant jusque là, c'était de la rigolade. Par
fort courant, ce n'est même pas la peine de penser à
s'accrocher à un bout de récif ! Pas la peine de lutter,
on se réfugie où l'on peut, ou on se laisse dériver.
Après
quelques plongées moyennes, voire un peu décevantes,
et la recherche infructueuse de requins-baleine et de raies Mantas,
les Maldives livrent enfin leurs trésors: Requins gris, requins
pointe-blanche, raie-aigle, tortues, thons, carangues... à
Mayaa Thila, en face du resort de Mayaafushi, c'est un véritable
festival.
De
façon générale, les eaux sont incroyablement
poissonneuses. La seule comparaison qui me vient à l'esprit,
c'est la Polynésie. Parfois, on lève les yeux vers
la surface, et ce sont des centaines, des milliers de poissons qui
évoluent dans le bleu.
Autre
moment magique, toujours à Mayaa Thila: une plongée
de nuit, avec des petits requins pointe-blanche qui chassent, des
murènes en peine eau, et un gigantesque barracuda de 3 mètres
de long !
D'autres
plongées furent plus mouvementées. Dans Ari atoll,
sur un site dénommé "Panatone", le très
fort courant et la visibilité réduite font perdre
sa palanquée à plus ou moins tout le monde, et votre
serviteur se retrouve ainsi tout seul, à 32m, dans un courant
de tous les diables, à se demander ce qu'il fait là
au juste. Les quelques minutes de remontée furent très
longues, et la nervosité aidant, l'air de ma bouteille me
suffit tout juste à assurer ma remontée et mon palier
de sécurité.
Enfin,
une dernière plongée, sur le chemin du retour, dans
la passe mythique de l'atoll de Male Sud, j'ai nommé Embudhu
Express. Là encore, le courant est assez fort. On se cramponne
comme on peut, dans la zone des 30 mètres, et on regarde
les requins gris tourner dans le bleu. Derrière nous, une
énorme raie pastenague fait son apparition: elle doit faire
2 mètres de diamètre ! Je n'en avais jamais vu d'aussi
grosse. Au dessus de nous, une raie-aigle plane dans le courant,
sans le moindre effort.
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Mon
premier requin!
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Chirurgien
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Baliste
Clown
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Baliste
bleu
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Moorish
Idol et coraux
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Votre
serviteur
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Idem
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Requin
gris
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Raie
Aigle
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Encore
des coraux, qui ont repoussé à une vitesse phénoménale
après les ravages d'El Niño en 1998.
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Les jours se
succèdent sur le bateau, rythmées par les plongées
et les épisodes de navigation. Un coucher de soleil particulièrement
grandiose, de longues heures de lecture et de détente sur
le pont ou sur le sundeck, des siestes scandaleusement longues entre
deux plongées. On visite un village de pêcheurs et
sa rue dédiée aux touristes. On suit du regard l'hydravion,
qui fait office de taxi, ici. La nuit, une fois le groupe électrogène
débranché, le silence est assourdissant. Le ciel est
tapissé de centaines d'étoiles, la lune éclaire
le lagon et l'île à côté de laquelle on
a jeté l'ancre pour la nuit.
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Isa
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Rémi
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No
comment 1
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No
comment 2
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Une
île déserte
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Une
île habitée
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No
comment 3
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Christian, mon binôme de plongée et de cabine, consomme très exactement
autant d'air que moi en plongée, et ronfle à peu près aussi fort.
Jean-Emile, Chamoniard et ancien militaire de son état, est très
friand de blagues sur les blondes, et insiste régulièrement pour
que je refasse le cri de la Raie Manta femelle, juste pour voir
si cela met quelques Raies Manta sur notre chemin. Sa femme, Caroline,
non-plongeuse malgré elle à cause d'un problème d'oreille, bronze
intensément sur le pont. Paul, notre Corse de service, n'en finit
pas de faire la sieste. Jean et Liliane, couple de retraités plongeurs
et seniors du groupe, n'ont rien à envier en termes d'énergie aux
plus jeunes d'entre-nous; c'est à peine s'ils vont se coucher plus
tôt... chapeau bas, les papis. Julien et Léonore, eux, ne se privent
de rien: après la croisière, ils restent encore une semaine dans
un resort aux Maldives. Bande de veinards, va !
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On
bouquine
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Instants
de détente sur le pont
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Dédicace
spéciale à mes collègues de bureau
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Mon
binôme Christian fait trempette
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Les
petits veinards qui restent 1 semaine de plus
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Et
puis voilà, le dernier jour arrive, et le mauvais temps avec
lui. On plonge une dernière fois, on passe une dernière
nuit, un peu agitée, sur le bateau, puis on met le pied sur
la terre ferme, à Male. Le trottoir tangue sous nos pieds
sur le chemin de l'hôtel, le mal de terre est particulièrement
perceptible. On se ballade un peu en ville, on va manger une glace,
on essaye de se reposer un peu, on reprend le bateau une dernière
fois pour l'aéroport.
Dans l'espace duty-free, un magasin d'ordinateurs de plongée
nous rappelle que nous sommes encore aux Maldives pour encore quelques
minutes. On y reviendra sans l'ombre d'un doute.
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Crédits
photo: Christian Hoffmann et moi-même, à l'exception des
photos de Male et de son aéroport, "pêchées"
sur le net...
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