Jack "El Oso" - El Reloj

Tout revient comme si c'était hier. Le goût du sel sur tes lèvres, la lune qui éclaire le lagon, l'hotel du motu d'en face qui brille au milieu de la nuit pacifique, les nuées de poissons attirés par la lumière du projecteur sur le ponton, la murène qui rôde tel un serpent, la chair de poule sur tes genoux dorés par le soleil, encore un baiser, et tu veux rentrer parce que tu as froid.

Tu as eu froid pendant tout le séjour. Froid en sortant de l'eau sur le bateau, froid en rentrant dans la chambre climatisée, froid au premier coup de vent sur le ponton. Froid aussi, sans doute, de savoir que dans quelques jours, les vacances seraient finies, et nous deux aussi.

Il est des moments où l'on voudrait arrêter le temps. Que le soleil ne se lève pas, qu'il reste là où il est, que tout s'arrête, que nous restions là, au bord de l'eau, sous le clair de lune, à écouter le clapotis des vagues, regarder les étoiles, l'un contre l'autre, pour toujours. Qu'il n'y ait plus les autres, la vie, le travail, la famille, le passé, la culpabilité, la souffrance. Qu'on me donne une immense gomme qui puisse tout effacer, et je ne laisserais que cette partie de l'univers, toi, moi, le lagon, le vent dans les cocotiers, et cet immense plafond d'étoiles.

Le rêve ne s'oppose pas à la réalité, il est à portée de main: ce qui détruit le rêve, c'est le temps. Cette horloge qui n'arrête jamais de tourner, voilà ce qu'il faudrait supprimer en ce monde. Plus d'anxiété du lendemain, plus de passé à porter sur ses épaules; l'instant, rien que l'instant, le doux instant.

Mais non, il faut continuer à marcher, inexorablement. La vie est une longue marche, voilà tout. Prendre les bons chemins, faire les bons choix. Même si l'on refuse de choisir, c'est aussi un choix. Pas le temps de s'éparpiller, il faut marcher. Vers quoi ? Dieu seul le sait. Vers l'horizon, sans doute, sans jamais savoir ce qu'il recèle. Une bifurcation, et nos chemins se séparent.

Et l'on se retrouve à nouveau sur le chemin, avec pour seule compagne sa propre ombre, et dans la bouche, le goût amer des regrets.

Reloj no marques las horas
porque voy a enloquecer
ella se irá para siempre
cuando amanezca otra vez...
Nomás nos queda esta noche
para vivir nuestro amor
y tu tic-tac me recuerda
mi irremediable dolor...

Reloj deten tu camino
porque mi vida se apaga
ella es la estrella que alumbra mi ser
yo sin su amor no soy nada...

Deten el tiempo en tus manos
haz esta noche perpétua
para que nunca se vaya de mí
para que nunca amanezca...

para que nunca amanezca...

para que nunca amanezca...

(Roberto Cantoral)


Jack "el Oso"

 

Salsa et Plongée - Partez au soleil avec Jack "El Oso" et Luna - 12 au 27 juillet 2012

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